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Culture

Le tatouage

 

L'art du tatouage ou tatoo en Polynésie française
© Ty SAWYER

Les termes «tatouage» ou «tatoo» viennent du tahitien tātau.

Le tatouage semble avoir existé dans toutes les îles formant ce qu’on appelle aujourd’hui le Triangle polynésien : Polynésie française, Nouvelle-Zélande, Hawai'i, Île de Pâques, Îles Cook, voire au-delà de cette zone, dans toute l'Océanie et jusqu'en Asie du Sud-est. On le retrouve sous des formes singulières dans tous les archipels de Polynésie française, excepté au sud des Australes ainsi qu’à l’est des Tuamotu. S'il était pratiqué à grande échelle dans les temps anciens, ses origines remontent au temps des mythes cosmogoniques polynésiens, lorsque les divinités artisanes et artistes décidèrent d'orner leurs corps de motifs imitant la nature, la faune, la flore, "frappant" () leur épiderme à l'aide d'un peigne en dents de requin pour faire pénétrer la teinture bleu-noir océan et y apposer (tau) les-dits motifs. 

Mais attention à ne pas confondre les différentes formes du tatouage polynésien. Par exemple, le tatouage tahitien et le tatouage marquisien sont complètement différents, autant d’un point de vue graphique, sémiotique que symbolique. Dans les Îles Sous le Vent, les motifs les plus courants étaient des formes géométriques abstraites (cercles, croissants, rectangles) et figuratives(animaux, végétaux) tatoués sur les bras, les jambes et les épaules. Aux Marquises, l’art du tatouage aurait atteint un développement incomparable de par la grande richesse et l’élaboration de ses motifs. Dans cet artchipel du bout du monde, tatouer se dit patu tiki, qui signifie «frapper des images», une expression révélatrice...

Les motifs marquisiens

Les motifs marquisiens ont un style particulièrement géométrique. Le tiki, premier homme devenu un ancêtre déifié, est beaucoup représenté. Pour l’oeil novice, il est pratiquement impossible de reconnaître l’aspect d’un tiki, tant il est stylisé de différentes manières !

Il en va de même pour les motifs d’animaux et de plantes, très géométriques également. Tortue, lézard, raie, murène, tête de poisson, bambou, racine de banyan, feuille de cocotier, représentent de manière très stylisée les richesses naturelles, terrestres et marines, des îles.

D'hier à aujourd'hui

Aujourd’hui, il est particulièrement difficile de remonter aux origines et aux significations du tatouage puisqu’il n’a pas été pratiqué pendant près d’un siècle et demi. En effet, en 1819, le code Pōmare mis en place par le "roi" Pōmare II, à l'initiative des missionnaires, premier ari'i converti au christianisme, en interdit la pratique.

Il faudra attendre les années 1980 avant de voir la renaissance de cet art en Polynésie française. Aujourd'hui, une jeune génération de tatoueurs particulièrement doués assure le renouveau culturel du tatouage mā'ohi, pour le plus grand plaisir de la population et des visiteurs de passage.

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